Historique des pontonniers

 

Les premiers pontonniers, des volontaire strasbourgeois (1792-1794)

Au mois de septembre 1792, le général Biron, commandant l'armée du Rhin, demande à la municipalité de Strasbourg de former avec la corporation des bateliers locaux  une compagnie qui sera chargée de l'entretien du pont sur le Rhin et de la garde des écluses de la ville. La création est décidée le 2 octobre 1792.  L'exaltation révolutionnaire, qui agite les bateliers strasbourgeois, les conduit à former d'eux-mêmes et simultanément une deuxième compagnie.

Ces deux compagnies strasbourgeoises accompagnent l'offensive du général Custine jusqu'à Mayence  ( Rhénanie-Palatinat) en octobre 1792, sur l’autre rive du Rhin. Elles y assurent, pendant le siège de la   ville par les Prussiens, la liaison entre les troupes françaises établies sur les deux rives du Rhin. Elles sont aidées par les bateliers allemands de Mayence qui forment  quatre compagnies. L’ensemble commandé par Frédéric Hoffel  quitte les lieux à la fin du siège et prend garnison à Strasbourg au mois de juillet 1793. 
Elles sont rejointes en 1793 par deux compagnies levées sur ordre du général Pichegru parmi les bateliers de l'Ill et du Haut-Rhin.  
Ces  huit compagnies à vocation militaro-corporatiste prennent le nom de Corps des Pontonniers de Strasbourg puis se constitue en bataillon commandé par le sans-culotte Darbellet, élu comme les autres officiers.  Ils se dotent du nouvel l’uniforme de l’infanterie mais avec un chapeau caractéristique qui marque leur différence par rapport aux autres unités militaires de l'époque.

Les volontaires demandent leur intégration dans l’armée active de la République 

L’inconduite des effectifs est notoire et la plupart ne savent pas écrire. Néanmoins, le 1er Mai 1794, tous adressent une pétition à la Commission Militaire siégeant à Paris, avec  la liste des présents et sous le timbre des « pontonniers et matelots du Rhin » . Ils demandent à être incorporés dans l’armée d'active, à percevoir  les arriérés de solde et prestations réglementaires et à être renforcés par des effectifs nouveaux. La liste des présents jointe à la requête montre que  l’effectif total est réduit à 166 hommes, cadres compris, de nombreux volontaires et la plupart des pontonniers de Mayence ayant regagnés leurs foyers. Constituée en quatre compagnies, cette troupe est composée à 58% d’originaires de Strasbourg et des environs, de 34 % d du Bas-Rhin.

Plusieurs courriers de cette époque mentionnent le  bataillon  des  "pontonniers  et   matelots    révolutionnaires" ou bien des "bateliers militaires du Rhin" ou enfin des "bateliers volontaires du Rhin" .  La Commission de la Convention Militaire, édifiée de la mauvaise conduite de cette troupe corporatiste, ne répond pas à la requête.

Les autres pontonniers des armées de Sambre-et-Meuse et de Hollande

Depuis la loi du 17 frimaire an II ( 7/12/1793 ) qui avait défini les modalités de gestion financière des divers armes  et corps militaires ( 1) l’armée d’active comprenait théoriquement 560 pontonniers, indépendamment des pontonniers de Strasbourg qui avaient demandé leur intégration.. En fait, dès la campagne de Hollande en 1794, les généraux  avaient du pallier l’absence de pontonniers militaires pour franchir les rivières et s'assurer des concours extérieurs . Ainsi  l'armée de Sambre-et- Meuse commandée par le général Jourdan fut dans l'obligation d’utiliser des mariniers hollandais qui entendaient être soldés comme cela se pratiquait sous l'ancien régime.

Jean Baptiste Jourdan

Il en fut de même pour le général Chonet de Bollemont, commandant  les armées de Belgique puis du Nord en 1794 qui dut organiser trois compagnies de pontonniers volontaires  de la Meuse et de la Moselle. Ils participèrent avec lui au siège de Charleroi en 1794 puis sur le Rhin en 1795. Il s’agit apparemment des compagnies  commandées par le capitaine Louis Tirlet de l'armée du Rhin-et-Moselle. A la suite de ces faits et aux demandes réitérées de la hiérarchie militaire pour obtenir des pontonniers,  le Directoire  accepta la proposition d’entrée dans l’armée active des pontonniers volontaires de Strasbourg. Ils entrèrent immédiatement en opérations.

Louis TirletLouis   Tirlet

Les effets de la réorganisation de l’artillerie sur les pontonniers (1795- 1800) 

C’est dans ce cadre général que l’artillerie fut réorganisée par le Directoire selon la loi du 7 mai 1795 qui créa seize  régiments d’artillerie assistées de douze compagnies d'ouvriers et d’un bataillon de pontonniers à huit compagnies. La présence des pontonniers s'explique, d'une part par une Décision royale de 1703 attribuant la responsabilité des  ponts à l'arme de l'Artillerie et, d'autre part la présence  en son sein, elle est seule à en avoir, de compagnies  d'ouvriers, qui ont déjà la responsabilité des matériels  d'équipage de pont codifiés par Gribeauval. C'est tout naturellement que les pontonniers s'installent dans le  quartier de la Courtine des Juifs à Strasbourg, puisque c'est là qu'étaient stockés, dès avant 1789, les matériels  Gribeauval, en particulier les bateaux maintenus  immergés afin d'éviter leur détérioration..

C’est ainsi que les pontonniers de Strasbourg seront intégrés dans l’armée mais, dès le 27 Mai 179, 5 le chef de bataillon Dedon l'aîné reçut l'ordre d’organiser le nouveau corps des Pontonniers et d’amalgamer les volontaires et l’armée d’active. Il commença  par renvoyer le sans-culotte Darbellet,  intégra Hoffel  comme capitaine et forma des compagnies épurées des mauvais sujets.

Création de deux bataillons de pontonniers

Dans le même temps, la loi sur l’armée du 18 floréal an III (7 mai 1795) précisa que les pontonniers chargés de la mise en œuvre des équipages de pont seront constitués en deux bataillons. Ainsi le 1er bataillon naquit officiellement sous le commandement de Dedon le 12 Juin 1795. Mais déjà, l’une des compagnies, la deuxième était engagée à Landau où son commandant, le capitaine Daniel Ulrich fut tué  le 15 janvier 1795.

La naissance du second bataillon fut plus difficile car le matériel venant des dépôts royaux était en mauvais états et permettait  seulement d'équiper les 2 compagnies de 60 hommes aux ordres du capitaine Louis Tirlet   C'est elles qui  seront chargé de l’équipage de pont destiné à l’armée d'Allemagne  

   Bonaparte

Le second équipage prévu pour l'armée d'Italie formée par le général Bonaparte le 2 mars 1796 n’était pas prêt et les 2 compagnies prévues pour ce théâtre d’opération n'avaient pas de matériel car les lourds chariots ne pouvaient passer les cols des Alpes. Aussi le général Bonaparte fut confronté au problème posé par les nombreux cours d'eau qui, , tous sauf le Pô,  étaient  perpendiculaires à son axe  de marche. Sans moyens de franchissement et d'équipage de pont, il fit créer par le chef de bataillon Andréossy deux compagnies de   pontonniers avec des bateliers lombards. Il faudra deux ans au commandement pour gommer les disparités d’origine des compagnies et réorganiser militairement les pontonniers en  deux bataillons. 

Jean Baptiste Eblé

En effet, le 29 février 1797,1e Général Eblé, qui commandait en chef l'artillerie de l'Armée du Rhin, écrivait encore au Ministre: "... Je suis cependant parvenu à écarter ceux (les officiers du 1er bataillon) qui ne savent pas écrire, ainsi que ceux qui, par leur ineptie et leur mauvaise conduite, ne méritent pas de commander à d'autre hommes". Son bataillon sera complété officieusement à huit compagnies en février 1797, mais  son existence n’est confirmée que par la loi  du 9 septembre 1799. En son sein cohabitaient les deux compagnies lombardes, renforcées par  une troisième crée en 1800 puis dissoute en 1801 pour être intégrés dans le deuxième bataillon affecté à  l'armée d'Italie avec les renforts venus de France..

L’unification opérationnelle de ces deux bataillons (1800-1804)

 Commandant l'artillerie de l'armée d'Helvétie  en 1799 et ayant commandé les pontonniers du Rhin et ceux d’Italie, le général Eblé était à même de comparer  l'état d'esprit et l'efficacité opérationnelle des compagnies  D'accord avec Dedon, commandant le ler  bataillon, il proposa de réunir les deux bataillons sous  un seul chef et conseil d'administration. Cette mutation sera réalisé  le 17 avril 1800 et prendra  l’appellation définitive de "Artillerie-Pontonniers" qui succédait aux pontonniers de Strasbourg et de l’armée du Rhin.

Cette nouvelle organisation sera l’occasion d'effectuer  des mutations de personnels à l'intérieur du corps afin d'amener toutes les compagnies au meilleur niveau  technique et d’achever leur militarisation. C’est ainsi que le corps des pontonniers sera dorénavant commandé par une structure administrative analogue à celle d'un régiment de plein exercice, les  deux bataillons gardant leur indépendance au plan opérationnel

Organisation et effectifs des pontonniers

Le  corps des pontonniers était composé d'un Etat-major commandant 2 bataillons de 599 hommes soit 1198 pontonniers et sous-officiers. Chaque bataillon comptait 8 compagnies de 72 hommes soit 16 compagnies au total. Dès l’origine de ce corps, les pontonniers sont constitué en deux bataillons dont la caserne et l 'école de pont étaient à Strasbourg. A partir de 1800, le corps des pontonniers était constitué d’un Etat-major commandant les 2 bataillons. Chacune de ces unités comprenait 8 compagnies avec un effectif de 599 pontonniers et sous-officiers soit un total de 1198 soldats et 16 compagnies. Dès l'origine, le 1er bataillon avait vocation à opérer au delà du Rhin, et le 2 ème bataillon au delà des Alpes, d'où leurs appellations de pontonniers du Rhin et de pontonniers d'Italie,, du nom de leurs théâtre d'opération respectif.

Le casernement et l'école de pont de Strasbourg

Dès la création des premières compagnies  de volontaires en 1792-1793, les pontonniers prirent garnison dans la casernes d'infanterie de l'ancien régime dite "de la courtine des juifs",  construite en 1740, non loin de la célèbre cathédrale de Strasbourg, ville frontière avec l'Allemagne depuis  1681 et fortifiée par Vauban. Cette caserne allait servir de casernement, d'école et de dépôt pour les pontonniers pendant près d'un siècle. Elle était située au sud-est de la citadelle, face à la zone marécageuse localisée  entre le Rhin à droite et l'Ill à gauche, en bordure du canal. Son entrée principale était située dans le quartier des Droits de l'Homme, entouré d'eau. Une sortie située à  l'arrière de la  grande cour  donnait sur le  quai d'embarquement pour les bâteaux de l'école des ponts qui naviguaient  sur le canal. A proximité immédiate se trouvait l'une des portes d'entrée de la citadelle dite "la porte des juifs", appellation datant des années 1645 car à cet  emplacement se trouvait " la Jugen Thor" (tour des juifs).
Le corps de bâtiment principal était un long édifice en pierres, de 3 étages sur rez-dz-chaussées, orienté Ouest-Est, façades au Nord et au sud . Tranché par 3 escaliers desservant cinquante chambres  avec cinq  lits, soit 750 personnes, il  était couvert en tuiles sur un  toit à deux pentes, à pans coupés aux deux extrémités. Les deux façades étaient percées de 26 fenêtres auxquelles s’ajoutaient 12 mansardes avec fenêtres  ouvrantes sur le toit. Les officiers logeaient dans l'extrémité droite, le rez-de-chaussée abritant des magasins. A l'ouest de cette caserne se trouvait  différents bâtiments, dont les 2 principaux étaient ceux de la Direction du Génie et le pavillon du  Génie.
La caserne des pontonniers fut réhabilité en 1825 pour loger le corps des pontonniers royaux, utilisée en 1871 par l'armée allemande  puis  détruite vers 1890 sous l'Empereur Guillaume II d'Allemagne. A son emplacement fut  construit un établissement secondaire de jeunes filles, dans le style du XV ème siècle strasbourgeois. Inauguré en  janvier 1903, il devint par  la suite le " Lycée international  des pontonniers " qui existe de nos jours.
Cet établissement  perpétue ainsi le souvenir de ces  pontonniers qui vécurent en ce lieu pendant un siècle,  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1ère coalition des royaumes européens   (1792- 1797)

 

Après la mort de Louis XVI et la volonté de la Convention d’exporter la Révolution, les monarchies européennes se forment en coalition et leurs armées encerclent la France. Pour répondre aux menaces, le Comité de salut public, formé le 6 avril 1793, décrète au mois d’août la levée en masse de tous les hommes âgés de 18 à 25 ans. La République était en danger.

Les premiers pontonniers militaires  

La nouvelle armée révolutionnaire composée de volontaires de la République et de militaires de l'ancien régime repoussa après une canonnade et le 20 septembre 1792 à Valmy l'armée prussienne qui avait pénétrée sur notre sol. C'est dans ce cadre que le général Biron, commandant l'armée du Rhin, demande à la municipalité de Strasbourg de former avec la corporation des bateliers locaux  des unités de pontonniers. Deux compagnies de volontaires seront crées à partir du 2 octobre 1792 et participerons avec le général Custine  au siège de Mayence où elles resterons jusqu'en juillet 1793 avant de regagner Strasbourg. Elles seront rejointes par deux autres compagnies levées sur ordre du général Pichegru parmi les bateliers de l'Ill et du Haut-Rhin.

Puis viendrons une série de batailles, notamment les défaites françaises de Neerwidein (Belgique ) du 18 mars 1793 contre l'armée autrichienne. Puis la Grande-Bretagne fit en septembre 1793 le siège de Toulon pour soutenir les royalistes puis soutiendra les révoltes vendéenne et chouanes jusqu'à leurs cessations en Juillet 1796.

Sur le plan militaire, les batailles se succèdèrent; prises de Tournai et d'Ostende en 1794, Bruxelles, puis Maestricht. Les pontonniers y participèrent car le général Chonet de Bollemont, commandant  les armées de Belgique puis du Nord en 1794  avait organisé trois compagnies de pontonniers formées par des bateliers volontaires  de la Meuse et de la Moselle. Ils participèrent avec lui au siège de Charleroi en 1794.

D'un autre côté, l'armée de Sambre-et- Meuse commandée par le général Jourdan en Hollande traversa le Rhin les 5 et 6 juin 1795. pour aller affronter les Autrichiens sur la Lahn. Mais elle éprouva des difficultés à franchir cette frontère naturelle car les mariniers hollandais propriétaires des bateaux et matériels nécessaires entendaient être soldés comme cela se pratiquait sous l'ancin régime. A la suite des réclamations formulées par les autorités militaires (1) le Directoire décida de créer 2 compagnies de pontonniers. Affectées primitivement à l'armée de Sambre-et-Meuse, elles étaient commandées par le capitaine Louis Tirlet et s'intégrèrent dans l'armée du Rhin-et-Moselle. 


Les pontonniers de la République lors des traversées du Rhin

L'armée du Rhin-et-Moselle commandée par le général Jourdan fut scindée en deux divisions, la première ( ancienne Sambre-et-Meuse) sera battue à Amberg et la seconde (armée de Moselle) du général Moreau avancée en Bavière sera battue à Wursburg et fit retraite vers la France. Devant l'avancée des troupes autrichiennes vers Strasbourg, 70.000 hommes de renfort passèrent le Rhin à partir du 24 juin jusqu'au 2 juillet 1796. à Weisemburg et Neuwied . Ce sont les pontonniers du 1er bataillon récemment constitué qui participèrent à cette nouvelle traversée du Rhin, sous commandement du général d'artillerie Eble et du commandant Dedon chargé des équipages de pont. Mais les Autrichiens continuaient d'avancer et les pontonniers perdirent le 10 janvier 1797 lors du siège du fort de Kehl les 3 ponts qu'ils avaient établi. L'un avait été réalisé avec des pontons en cuivre de type « gribeauval », les deux autres avec des bateaux de réquisition. Un autre pont de 17 bateaux établi sur la rive droite du Rhin à Huningue fut brûlé par les Autrichiens en février 1797. Une contre-attaque eut lieu le 20 avril 1797 et un convoi de 74 bateaux divers parti de Strasbourg permit aux pontonniers d' établir deux nouveaux ponts sur le Rhin. Le premier construit à Diersheim, fut utilisé par l'armée du Rhin alors que le second servit à l'armée de Moselle qui passait à Neuwied. Les combats qui suivirent furent couronnés de succès et cessèrent lors de la signature du traité de Campo-Formio d'octobre 1797. 
Les pontonniers restèrent sur place pour assurer la maintenance des ponts établis puis le 1er bataillon regagna à une date indéterminée son casernement de Strasbourg 

La création des pontonniers de  l'armée d'Italie 

L'armée d'Italie fut confiée par le Directoire au général Bonaparte afin de créer un front secondaire contre l'Autriche. Tous les pontonniers étant à disposition de l'armée d'Allemagne, l'armée d'Italie parti en campagne démunies de moyens de passages de rivières. C’était un handicap certains, l’Italie du Nord ayant un réseau hydrographique important alimenté par les nombreuses rivières venant des Alpes. Et on ne les passe pas à la nage ­ pour reprendre l'expression de Bonaparte.

 

Aussi, dès son arrivée dans la plaine du Pô, Bonaparte donna des instructions pour pallier à l'absence de pontonniers et fit réquisitionner tous les bateaux italiens par ses troupes. Pour les deux premières phases de sa campagne, la conquête du Piémont et de la Lombardie, il lui fallait s'organisent en fonction de la possession des passages de rivières et conserver les ponts afin de garder l'intégrité de ses lignes de communications et de ne pas être pris au dépourvu.

C'est ce que fit Bonaparte en ordonnant la garde des points de passage conquis sur la rive gauche du Pô, c'est à dire à  Plaisance, Lodi, Pizzighettone, Cremone, Pavie, et d'y faire réaliser des têtes de pont fortifiées. Mais il lui fallait des pontonniers aussi confia t’il à un italien d’origine, Antoine François Andréossy, la mission de former une  compagnie provisoire de pontonniers constituée de bateliers lombards soldés et un équipage de pont constitué de barques de réquisitions tirées par des boeufs.

Les pontonniers dans les combats

C’est avec eux que le 7 mai 1796, l’avant-garde de l’armée effectue un  passage de le rivière  sur des bateaux puis sur  un pont volant sur lequel pouvaient  passer 50 chevaux. Cette traversée permettra  la victoire de Lodi du 10 mai  et l’entrée de Bonaparte à Crémone . L’équipage de pont est ensuite envoyé par  Bonaparte ( 4 ordre 519) le 29 mai 1796 à  destination de Cavriano via Solferino où il attendra les ordres pour suivre les mouvements de l’avant-garde. Puis Bonaparte entre à Vérone le 3 juin et les pontonniers resterons dans ce secteur jusqu’au mois de juillet, époque où les Autrichiens réagirons en reprenant Brescia le 29 juillet puis Mantoue . Ils seront arrêtés le  4 août devant Castiglione 

A partir de septembre, l'armée d'Italie compte 2 compagnies de pontonniers  recrutées parmi la main-d'oeuvre locale issue de la batellerie du Pô. Elles seront à Montebello, à Vicence puis à Bassano où elle assurèrent le passage de la  Brenta. puis ce fut  une  série de victoires françaises comme celle  du 15 septembre à San Giorgio di Mantova et du pont d'Arcole le 17 novembre 1796  où une armée autrichienne capitule. Mais la guerre n’est pas terminée et   l’armée d’Italie bat l’armée autrichienne aux batailles de Castiglione, de Rivoli des 14 et 15 janvier 1797, de Mantoue et de Bassano le 9 mars . Le 12 mars, l'armée française passe la Piave, gagne le 16 mars la bataille  du Tagliamento qui lui permet d’entamer sa  marche sur Vienne la capitale autrichienne par les rives de cette rivière.

Bonaparte  positionne son parc général d’artillerie avec ses 2 compagnies de pontonniers à l'est de l'Italie à Pordenone - Frioul - le  8 mai 1797.  Mais ces derniers avaient peu de moyens car les 30 et 31 août 1797,  il fallut employer à Ravarone  7 radeaux constitués d'arbres de 10 mètres de long pour passer les 65 mètres nécessaires ( 5 )  aux passages des troupes du général Joubert qui montaient vers le Tyrol autrichien. Puis ce fut la prise du col de Tarvis, porte d'entrée de l'Autriche, l'occupation de Klagenfurt en Carinthie et plusieurs combats qui amenèrent l'Autriche  à entamer des négociations à Leoden  avant d'arriver au traité de Campo-Formio du 17 octobre 1797.

 C'est probablement à cette époque qu'arrivèrent en Italie les deux autres compagnies de pontonniers ( 120 hommes) et la compagnie d'ouvriers (80 hommes) prévus depuis janvier 1796. Lorsqu'ils arrivèrent, Bonaparte fit acheter 400 chevaux pour assurer le déplacement de leurs matériels et 2000 pour celui de  l'artillerie. Ainsi les moyens nécessaires aux déplacements des 4 compagnies qui constituaient l’embryon du 2 ème bataillon des pontonniers d'Italie étaient réunis.  C'est progressivement que ce bataillon sera complété à 8 compagnies, comme l'était le 1er bataillon des pontonniers du Rhin.


Aux termes de la campagne d'Italie,  les pontonniers avaient réalisé une vingtaine d'opérations de franchissement sur dix-huit batailles et participé à soixante-cinq combats, soit pratiquement  une action sur quatre ( 6 ) . Mais leur tâche n’était pas terminé car Bonaparte avait décidé que la seule route de l’armée d’Italie qu'il fallait aménager était l’axe  Turin (Piémont) Milan, Mantoue (Lombardie) Trévise  et Palmanova (Frioul), c'est à dire l'Italie du Nord, de l'ouest à l'est. 

 

Lendemains de victoires

Ces diverses campagne se termineront par divers accords bilatéraux avec la Prusse à Bâle le 5 avril 1795, puis  avec l'Espagne le 22 juillet 1795 suivit d'une alliance contre la Grande-Bretagne signée le 18 août 1796. Quant au royaume de Sardaigne, il signa la Paix de Paris le 15 mai 1796 et perdit Nice et la Savoie.

Enfin l'Autriche signa la  paix au traité de Campo-Formio le 17 octobre 1797, acceptant la perte des Provinces-Unies autrichiennes (Hollande) qui depuis le traité de la Haye du 1er janvier 1794 était alliée à la France sous l'appellation de République Batave.  

Ainsi à  la fin de l'année 1797, la première coalition était vaincue et la Grande-Bretagne restait seule pour continuer la guerre entamée en 1793.

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Les mouvements des pontonniers à la fin de 1797

En Italie occupée, Bonaparte fut à l’origine de de la création le 27 juin 1797 de la République cisalpine . Cette dernière signa avec la France un traité d’alliance défensif contre l'Autriche et l'Angleterre aux termes duquel elle devait organiser une armée de 38.000 hommes dont 30.000 fantassins, 6.000 auxiliaires, une flottille armée sur le lac de Garde et 2.000 artilleurs dotés de 120 canons de campagne et d'un équipage de ponts comprenant 60 pontons. A cet effet, les pièces d'artillerie et le matériel de  l'équipage de pont français fut partiellement vendus  à la nouvelle république soeur. . En contrepartie, cette dernière devait assurer  la solde et l’équipement d’une armée française de 25.000 hommes basée dans la  place forte de Pizzighettone - en Lombardie, au sud-est de Milan, près de Cremone -où stationnera une artillerie de siège et de campagne. En outre, les villes de Mantoue, Peschiera et le château de Ferrare auront des garnisons à moitié francaise mais commandées par des généraux français. 

Par ces disposition, la France conservait des places fortes et la disposition d’un équipage de pont en Italie, ce qui démontre l’intérêt de Bonaparte pour les pontonniers et leur matériel spécialisé. ( ordre 2393 du 28 décembre 1797). Son homme de confiance était d'ailleurs Jean-François Andreossy, directeur de l’équipages de ponts que Bonaparte envoya à Paris avec une triple mission:

a) Former une artillerie de campagne au calibre anglais afin d'en doter une armée constituée contre l'Angleterre.

b) Faire construire des caissons à munitions allégés à deux roues afin de faciliter le transport ( par mer)

c) Porter au Directoire, avec le général Joubert, le drapeau confié par la Convention à l'armée d'Italie ainsi que les drapeaux pris à l'ennemi. 

L'armée d'Italie, base de l'armée contre l'Angleterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Commentaires (53)

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