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2e et 3e coallission

Les pontonniers au cours de la 2 ème coalition ( 1798-1802)

La paix de Campo-Formio ne dura que pendant les premiers mois de l'année 1978 marqués par la poursuite de la politique d'exportation de la Révolution menée par le Directoire avec la création d'états « tampons » plus ou moins imposés   

Les pontonniers en garnison 

Les deux bataillons  de pontonniers avaient regagné le territoire national au cours du premier trimestre de l'année 1798. Le 1er bataillon et son équipage de pont  stationnait à Strasbourg sa ville de garnison.

 actuellement "Lycée des pontonniers"

Le 2 ème bataillon et une partie de son équipage de pont avait quitté l'Italie pour stationner à Rennes et Douai. En effet, il faisait parti des unités désignés par Bonaparte pour être affectées dans l’armée contre l’Angleterre prévue par le Directoire selon le  décret du 23 Nivôse an VI soit le 12 janvier 1798. Ses pontonniers faisaient partis des 26.0000 fantassins et artilleurs retirés d'Italie, rejoignant les éléments venus des autres armées. Une partie du matériel de ces pontonniers, bateaux et haquets de transport, avait d'ailleurs été cédé à l’armée cisalpine sous commandement français, comme prévu par le traité d’alliance entre les deux républiques 
Mais la nécessité d'augmenter les impôts pour financer l'opération amena le Directoire à surseoir au  projet. Ainsi l’armée contre l’Angleterre fit mise en réserve aux ordres du général Hédouville, alors Chef d'Etat-Major de l'armée de l'Ouest.

Quant au général Bonaparte, il fut chargé d’une expédition contre l’Egypte, état de l'empire ottoman de Turquie allié de l'Angleterre. Transportée par l'escadre de Méditerranée, cette armée quitta Toulon le 19 mai et prit l'Île de Malte le 11 juin afin de s'en servir comme base arrière.

Depuis le 12 mars 1798, une nouvelle coalition contre la république française était née, regroupant les royaumes et empires d'Angleterre, de Turquie, d'Autriche et de Russie. Dès le début du conflit, pays allaient cordonner leurs actions militaires, contrairement à la première coalition où chaque pays luttait pour son compte.

1799, une année cruciale pour le Directoire en difficultés militaires


Au  cours de cette année, les armées du Directoire vont subir d’importants revers militaires dans cinq des des six théâtres d’opérations militaires dans lesquels seront engagés  des pontonniers. En outre, des dissensions au niveau du Directoire, prélude au Coup d'État du 18 brumaire -9 novembre 1799- , vont provoquer de nombreuses mutations de généraux. Aussi est-il opportun de distinguer chacun de ces champs de batailles pour éviter les confusions.
Ces théâtres d'opérations seront les armée d’Orient des généraux Bonaparte et Kléber, du Rhin des généraux Jourdan et Masséna, lequel commndera également l’armée d’Helvétie du général Lecourbe, puis l'armée d’Italie des généraux Joubert, Scherrer, Moreau, Championnet et Macdonald et enfin l'armée de Hollande du général Brune. D'autre part, l'armée contre l’Angleterre deviendra armée de l'Ouest mais n'apparaît pas dans les opérations militaire. Par contre, elle conservait à Rennes une partie des chariots et haquets amenés d'Italie dans le courant de l'année 1798 comme le précisa le ministre de la guerre Carnot à Bonaparte  qui demandait des renforts de pontonniers. Ces matériels seront distribués dans les autres corps d'armées.

Après cette énumération, voyons quelles furent les actions spécifiques au corps des pontonniers 

1) Les pontonniers de l’armée d’Orient ( 1798-1801)

Les pyramides que virent les pontonniers d'Orient

C'était la première fois que des pontonniers participaient à une opération de débarquement. Aussi Bonaparte avait-il désigné les meilleurs, c'est à dire son directeur des équipages de pont Antoine François Andreossy et la 1ère compagnie du 1er bataillon,  mais démunie de matériel lourd tels  bateaux et haquets. Après la bataille des Pyramides du 22 juillet et à  peine arrivé en Egypte, le corps expéditionnaire fut isolé de la métropole par la victoire navale de l'Angleterre devant Aboukir des 1er et 2 août 1798. Malgré cela, les troupes marchèrent vers le Caire. Au mois de novembre, une escouade de pontonniers s'tablit à   Belbey, pour établir un pont sur le Nil afin d'améliorer le chemin de ravitaillement pour l'artillerie et les convois de chameaux entre Salheyeeh à Qatyeh. Puis  le capitaine des pontonniers François Louis Bouchu devra utiliser des bateaux de réquisition et du matériel local lors de la prise d'Alexandrie. Sa compagnie fut également présente à la bataille d'Aboukir le 25 juillet 1799 et au siège de Jaffa. Au Caire, les pontonniers durent construire un grand pont de bateaux permanent devant l’hôpital militaire d’Ibrahim Bey et participèrent ensuite aux convois de ravitaillement sur le Nil.
La situation militaire en France et en Italie s'étant détériorée dès le premier trimestre de l'année 1799, Bonaparte quitta l'Egypte le 9 août 1799 pour rentrer en métropole. Après son départ d'Egypte, la situation de l'armée d'Orient se détériora et son successeur le général Kléber dut capituler le 31 août 1801 après la bataille de Saint-Jean d'Acre. Une partie de cette armée d’Orient fut rapatriée en France, dont le directeur des équipages de pont et le capitaine Bouchu qui à son retour fut chargé du commandement et de la réorganisation du 1er bataillon de pontonniers. Quant à sa 1ère compagnie, elle avait été pratiquement décimée lors de cette campagne d'Egypte et il fallut la reconstituer avant qu'elle soit opérationnelle.
 

2) Une année difficile pour les armées d’Allemagne et d'Helvétie


Avant même la déclaration de guerre du 12 mars, Jourdan et son armée du Danube traversent le Rhin le 1er mars 1799 entre Bâle et Kehl. Le lendemain 2 mars 1799 Bernadotte franchi également le Rhin, mais plus au Nord et face à Spire.

L'armée de Jourdan franchit le Danube le 13 mars mais ses troupes seront battue les 21 et 25 mars à Ostrach et Stockach par l'archiduc autrichien Charles et feront retraite sur leurs positions de départ. , Jourdan démissionne le 3 avril de son commandement et remplacé par le général Masséna, qui commandait déjà l'armée d'Helvétie. Cette conjonction du commandement est un atout car la Suisse forme un saillant entre l'armée d'Allemagne et celle d'Italie qui connaît de graves difficultés.

general  Jourdan

Dans les deux cas, c'est l'équipage de pont et les pontonniers du 1er bataillon qui ont assurés les lancements de ponts et les ont gardé en état.

 

 

3 ) Après une première phase de combats, l'armée d'Helvetie retraite sur le Rhin (1799-1800)

Le 6 mars 1799 l'armée d'Helvétie aux ordres de Masséna traverse le Rhin afin d'occuper le Suisse et prend Lucerne sur le lac du même nom. Afin de contrôler les rives du lac, le lieutenant de pontonniers Gauthier organisé une flottille armée. Il avait bénéficié du soutien de la ville de Lucerne qui équipa un bac s’ajoutant aux canots, tous armés de canons. Cette flottille pouvait transporter 500 hommes et fut utilisée à plusieurs reprises contre les Autrichiens entre les rivière Reuss et Linth. Mais la pression de l'armée autrichienne obligea l'armée de Masséna qui avait occupé les Grisons, à l'est de la Suisse, à quitter ses positions pour revenir sur le cours du Rhin. Il en fut de même pour la division Lecourbe qui se retire de l’Engadine.

Ces retraites terminent au mois d'août 1799 la première phase des opérations en Suisse, dans une atmosphère de défaites car les troupes françaises sont attaquées en Hollande par une armée anglo-russe et que l'Italie est pratiquement reprise par les armées autrichiennes et russes.

Frise des pontonniers de la République

4) Situation désespéré en Italie où les deux armées françaises battent en retraite sous la pression des troupes austro-russes.

Dans ce pays, stationnaient depuis 1798 deux armées françaises, commandée par le général en chef Joubert et centrée sur Milan au Nord, l’autre Sud de la péninsule aux ordres du général Championnet. Toutes deux sont démunies d’équipage de pont, handicap certain dans un pays au réseau hydrographique important, surtout au nord.

Les premières difficultés commenceront dès le mois de décembre 1798 au Sud pour l'armée de Championnet car l'armée du roi de Naples envahi les Rome et les deux provinces du Labour  (Latium et Campanie, dont Capoue), détruit le pont de Garigliano et le parc de réserve de l'armée établi à proximité, tandis qu'une Insurrection éclate dans les Abruzzes. Les troupes françaises éprouveront des difficultés à reprendre Rome au début du mois de janvier, puis envahirons par rétorsion et à partir du 23 janvier le royaume de Naples. Mais les Autrichiens entrent à Vérone le 27 mars et battent les troupes françaises dispersées.
 
Au Nord, Serrurier occupe la Toscane et Joubert général en chef Italie occupe le Piémont, Comme son collègue du Sud, il sera remplacé par l'ancien ministre de la guerre Scherrer qui refoule les Autrichiens à Pastrengo sur l'Adige le 26 mars, puis attaque Vérone et Legnano. Mais le 5 avril, il est sévèrement battu à Magnano, les pontonniers autrichiens ayant détruit un pont coupant la retraite aux troupes françaises. Puis Scherrer se heurte aux troupes russes du général  Alexander Suvorov arrivés de Moravie – de nos jours en république tchèque- afin de soutenir les Autrichiens. Un combat décisif a lieu le 27 avril à Cassano sur le fleuve Adda. Il est perdu par les troupes françaises qui battent en retraite, suivis par les russes qui suivent le Pô . Devant cet échec, Scherrer est remplacé par le général Moreau qui prend le commandement d'une armée démoralisé qui se retire sur Milan. Dans le même temps, le général Serrurier capitule à Verderio. C'est la retraite générale des troupes françaises qui abandonnent au général Suvorovf et aux Autrichiens les villes de Milan ( 29 avril) et la Lombardie puis Turin (26 mai) et le Piémont. Devant ces défaites, le Directoire est inquiet car le territoire français est menacé, mais les autro-russes reviennent en arrière pour briser les résistances d'Asti et d'Alexandrie avant de gagner les batailles de Plaisance le 18 juin et de Novi le 15 août 1799 et enfin celle de Genola le 4 novembre, au nord ouest de Gêne.

Une partie des troupes en retraite va se réfugier à Mantoue et Pescheira, sur le lac de garde où elle sont assiègées. Une autre partie, après des combats sur le Tidone, puis à la Trebbia, se retire à Gêne où elle attendra les débris de l’armée de Macdonald. En effet, l'armée du Sud a évacuée Rome et Naples, abandonnant à leur sort les garnisons prisent au piège de l'avance russo-autrichiennes. La dernière de ces garnisons résistera jusqu'au 3 mars 1799 à Corfou (îles Ioniennes) assiégées depuis le 5 novembre 1798 par une escadre russo-turque qui avait pris Ancone.

L'armée russo-autrichienne est quasiment maîtresse de la péninsule italienne et a repris le terrain gagné par Napoléon lors de la première coalition. L'armée cisalpine qui combattait aux côtés de troupes françaises s'est repliée avec elle et nul n'a entendu parler de son équipage de pont prévu par Bonaparte dans le traité d'alliance.

5) Seule l’armée de Hollande résiste à un débarquement anglo-russe

En Hollande, les Anglais font une première tentative de débarquement à la fin juillet 1799 et sont repoussés, Ils reviennent en force sous commandement du duc de York et débarquent le 27 août au Helder, rejoint peu après par un contingent russe. Ensemble, le 31 août 1799, ils prennent la flotte hollandaise au Texel. Devant ces défaites, le général Brune est muté de Suisse, et à la tête d'une armée franco-batave chargée de repousser les assaillants. Brune échoue le 1er septembre 1799 lors du combat d'Abercromby, puis à Alkmaar mais remporte une victoire décisive lors du combat de Bergenop-Zoom (Bergen) qui se déroula le 19 septembre 1799.

Les pontonniers de l'armée franco-batave sur le front du Nord

En prélude à la bataille décisive de Bergenop-Zoom,  une compagnie commandée par le lieutenant Regnard, probablement du 2ème bataillon venu de Douai, établi un pont sous le feu ennemi. Pour cette action, il sera nommé capitaine sur le champs de bataille. Puis il participa avec son unité aux combats de Castricum puis d'Alkmaer des 6 et 10 octobre. Sa promotion fut confirmée par le Directoire le 9 octobre 1799 -17 vendémiaire An VIIICombien d'autres compagnies de pontonniers participèrent-ils aux combats en Hollande, npis l'ignorpns encore. En tout cas, ces victoires amenèrent le duc d'York à traiter au Helder de l'évacuation de la Hollande. La présence de son armée n'était plus nécessaire car l'armée russe attendue d’Italie étant hors de combat lors de la signature de l'accord de cessation des combats daté du 19 novembre 1799. Cette victoire française avait un gout amer car les Anglais avaient détruit la moitié de la flotte de nos alliés hollandais. Et sans ce soutien maritime, plus question de débarquement français en Angleterre.

En Suisse, le général Masséna manoeuvre pour encercker l'armée russe à Zurich.

André Masséna

André Massena

Afin de soutenir les troupes anglo-russes débarquées au mois d'août 1799 en Hollande, le commandement des troupes coalisés fit déplacer les troupes autrichiennes de l'archiduc Charles stationnant en Suisse vers le Nord. Elles quittèrent Zurich le 28 août 1799, remplacés par l'armée russe de Korsakov qui stationnaient dans la haute vallée du Rhin, face aux troupes françaises.  Dans le même temps, l'autre armée russe de Suvorov qui combattait avec les Autrichiens en Italie reçu l'ordre de rejoindre celle de Korsakov à Zurich. Mais pour cela, elle devait traverser les Alpes et quitta la plaine du Pô, le 11 septembre par Bellinzona, clef des grands cols alpestre.
Le général Masséna saisit l'opportunité de ce déplacement des troupes coalisées pour lancer une opération combinée afin d'encercler les troupes russes.

Les pontonniers à l’œuvre dans les préliminaires de la seconde bataille de Zurich

Les troupes russes passèrent par le col du Saint-Gothard dont elles franchirent les défenses et progressaient difficilement vers les lacs de Zurich et des Quatre-Cantons.
Mais le général Masséna avait été en mesure d'amener ses troupes à travers les diverses vallées suisses grâce à l'action des compagnies de pontonniers du général d’artillerie Dedon. Dans ces opérations préliminaires, il fit établir un pont de 16 bateaux sur la rivière Reuss à Rothenwill qui fut replié le 23 septembre 1799 et descendu par eau à Bremgarten. Puis 2 compagnies de pontonniers progressant avec la brigade Gazan lancèrent ensuite un second pont de 37 embarcations sur la rivière Limmat le 24 septembre 1799 et s'emparent de Closter-Fahr, à moins d'une dizaine de kilomètres de Zurich
Dans le même temps, l'armée du Danube passait la rivière Limmat le 25 septembre 1799 en établissant un pont de bateaux devant Dietikon et sous les yeux du général Masséna commandant en chef. Ils arrivèrent avec leurs matériels au trot et sous le feu ennemi. Le pont fut établi rapidement avec l’aide de la légion helvétique. Cette action était coordonnée avec l’armée de Soult qui disposait d’une autre compagnie de pontonniers et, dans le même temps,  passait la rivière Linth près de Billyen. Les travaux de lancement débutèrent vers 3 heures  du matin, la compagnie de pontonniers étant  assistée de volontaires de l’infanterie. Cette opération combinée de débarquement par terre en terrain marécageux, avait été précédée du passage de rivière par une compagnie de nageurs portant des piques sabres et pistolets.



Ces opérations réussies sont à mettre à l’actif des 6 compagnies engagées par le 1er bataillon et commandées par les capitaines Zabern, Henri , Lefranc, Parisot, Savary et Chapelle qui sont cités à l'ordre de l'armée avec le lieutenant Gauthier.

La seconde bataille de Zurich amorce le départ des troupes russes.

Les autres divisions françaises manœuvrent pour enfermer Korsakov dans Zurich, l'encerclement étant total le 26 avec l'arrivée des Klein et Mortier, au sud de la Limmatt, la division Lorge au nord.
Ces manœuvres d'approche permettent aux troupes  françaises d'affronter les russes dans la seconde bataille de Zurich qui se déroula le 27 septembre 1799. Les troupes russes se rangent en lignes mais seront refoulées dans Zurich, perdant une grande partie de leur artillerie et la moitié de leurs troupes. Cette défaite amène Suvorov et son armée à s'échapper le 29 septembre par l'est vers Glarus, par les chemins de haute-montagne de la passe de Panixer, frontière avec l'Autriche. Ils y arriverons vers le 8 octobre, se rendons à Vaduz (Liechtenstein) puis dans le Voralberg à Feldkirch le 13 Octobre et Lindau où ils seront rejoint le 20 octobre par l'arrivée d'un corps autrichien.Ils prendrons leurs quartiers d'hiver sur place.

Le tsar quitte la coalition

Les troupes russes cesseront le combat partout sur ordre du tsar Paul 1er, mécontent que ses meilleurs soldats n'aient pas été soutenus par les troupes autrichiennes. D'ailleurs il fera une paix séparée avec le Directoire  le 22 octobre 1799 et ses troupes quitterons définitivement la zône des combats.. Le général Alexander Suvorov, après une retraite stratégique exemplaire. sera victime de cette affaire et sera disgracié pour ne pas avoir été en mesure d'atteindre la Hollande avant la cessation des combats.

Les Autrichiens poursuivent seuls le combat 

Après cette paix séparée entre Français et Russes,  des propositions de paix sont faites à l'Autriche qui les repoussent.
C'est la reprise de la guerre car la bataille de Suisse avait permis à la France de regrouper les forces qui lui restaient. Et depuis le coup de force du 9 novembre 1799, le Directoire avait été supplanté par le Consulat et le général Bonaparte nommé 1er Consul concentrait tous les pouvoirs en ses mains. Ainsi, après les désastres de l'année, la France regroupait ses armées dispersées et l'espoir renaissait pour l'an 1800.  

1800, Bonaparte à la reconquète de l'Italie perdue

Dès la chute du Directoire, le 1er Consul Bonaparte prend la direction des opérations militaires afin de redresser la situation. Avec l'appui de Carnot ministre dLes combats de 1799 à 1801e il forme une armée de réserve - arrêté du 8 mars 1800 (17 ventôse an VIII) – qui regroupera à termes les troupes dispersées et en retraite des armées françaises d'Italie et cisalpine3 . Il place l'ensemble sous le commandement en chef du général Berthier et concentre les troupes dans la région de Martigny, en Suisse.

Ces renforts passent le col du Grand-Saint-Bernard le 14 mai 1800 pour occuper le défilé de la Stradella sur la route de Gênes, l'objectif étant de repousser les Autrihiens d'Italie puis de remonter vers le Nord, en concertation avec les armées du Rhin et d'Helvétie afin d'encercler les troupes austro-bavaroises affaiblies depuis le départ de l'armée russe. 

Les difficultés et les actions du 2 ème bataillon de pontonniers en Italie (1800-1801)

L'armée de réserve était dotée d'un équipage de pont dans lequel figure le chef de bataillon Ponge et 3 compagnies de pontonniers parties de Chambéry où elles avaient été rassemblées, venant de l'armée du Rhin reformée à proximité de Constance et son lac formant frontière entre l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche, . Comme l'avait précisé Bonaparte dans l'ordre 4804 du 15 mai 1800 au conseiller d'Etat Petiet «  faire activer le départ des pontonniers qui sont d'une nécessité indispensable à l'armée » . En effet, il n'y avait plus aucun pontonnier en Italie depuis 1798, comme souligné précédemment;

Aussi était-il nécessaire de renforcer les pontonniers, ce que fit le général Berthier , alors à Ivréa le 28 mai 1800 en prenant la décisions suivante " Chaque division fournira à Mareco 25 hommes (100 au total) pour former 8 compagnies de pontonniers". Il rendit compte à Bonaparte 2 qui s'adressa à Carnot le 29 mai 1800 pour se plaindre de ne pas avoir de pontonniers à sa disposition. La réponse ne tarda pas car le 4 juin 1800 le ministre de la guerre répondit " Je fais parvenir rapidement en Italie 3 compagnies de pontonniers". Mais il infirme le lendemain 5 juin " Le seul équipage de pont est parti le 4 juin pour l'armée du Rhin. il est de 36 pontons d'airain et 40 haquets. Il reste 34 haquets et 30 pontons à réparer en dépôt à Rennes et des agrès dans divers dépôts".Ce matériel à réparer était apparemment celui de l'équipage de pont retiré d'Italie pour l'armée d'Angleterre.

Ainsi la nouvelle armée d'Italie était en pénurie de pontonniers, elle avait l'habitude !!! c'était toujours comme cela, l'armée d'Allemagne avait priorité. C'était un handicap car lors de chaque campagne militaire dans le nord de l'Italie, le passage du Pô était une opération cruciale programmée à l'avance par le commandement.

Le rôle des pontonniers dans les victoires de Montebello et de Marengo ( juin 1800)

Après plusieurs combats préliminaires, les forces françaises préparent une offensive décisives sur les troupes autrichiennes et pour souligner l'importance du rôle des pontonniers à cette époque, nuls meilleurs exemples que ces ordres adressés de Milan par le général Berthier, au chef de l'état-major de l'armée de réserve qui doit combattre à Montebello.

·         Le 16 prairial an 8 (5 juin 1800).Donnez l'ordre à 10 pontonniers de se rendre sur-le-champ auprès du général Broussier devant Pizzighettone, afin d'établir un pont ou au moins deux trailles entre Pizzighettone et le Pô. 
·         - Le 6 juin 1800.
Le général Murat me mande qu'il n'a point encore les pontonniers, ni les sapeurs, ni les ingénieurs, que je vous ai donné l'ordre de lui faire passer.
- Pavie, le 7 juin 1800, rapport du conseiller d'Etat Petiet
A mon arrivée ici, je me suis porté sur le point où nous passons le Pô, à la hauteur de Belgiojoso. J'y ai trouvé un pont volant mal établi et ne pouvant servir qu'à l'infanterie, le ponton n'arrivant qu'à 60 toises du bord, à cause des bas-fonds. On s'est occupé toute la journée à établir un second pont volant, sur lequel on doit faire passer cette nuit de l'artillerie et de la cavalerie. Le passage du Pô éprouve ici de grandes difficultés; il faudrait plus de 50 bateaux pour faire un pont, et nous n'en avons que huit ou dix. Le deuxième ponton était près d'être terminé et devait commencer à passer l'artillerie et la cavalerie à 10 heures du soir; on commencera par celles de l'avant-garde.
- le 8 juin 1800) à 4 heures du matin, jour même de la bataille de Montbello.
Faites établir un troisième ponton intermédiaire et envoyez voir si l'on ne pourrait pas rétablir celui de Parpanese. Nous avions un pont au delà du Tessin; voyez à faire établir dans cet endroit un cinquième ponton.


C’est grâce à ces préparatifs que le 9 juin, le général Lannes pourra traverser le Pô et gagner la bataille de Montebello, premier engagement important de la reconquête de l'Italie.

Puis le 14 juin 1800 (25 prairial an 8) les  pontonniers durent lancer un pont volant près de Pavie à l’aide de 2 barques pontées réquisitionnées avant de pouvoir établir un pont stable pour le passage du gros des troupes qui participent à la bataille de Marengo dirigée par Bonaparte. Vaincus les Autrichiens  battent en retraite et constituent une ligne de défense allant du lac de Garde et de l'autre à Mantoue en suivant le fleuve Mincio. La victoire obtenue, le premier Consul regagne Paris et l’armée d’Italie prépare des positions fortifiées face sur l'autre rive du Mincio. La situation restera en l’état jusqu’au mois d’août qui marque le remplacement de Masséna par Brune comme général en chef de la nouvelle armée d'Italie. Revenu de Hollande, il dispose alors dans ses effectifs de 2 compagnies de pontonniers soit 194 hommes et 6 officiers.

Le général Brune attaque le 20 décembre les positions autrichiennes sur le Mincio  grossi par les pluies. Les ponts fixes de Borghetto et de Vallegio étant solidement retranchés, il fallut réquisitionner des bateaux, afin de lancer un pont près de Pozzolo, à Mozzembano (Monsonbano. Il  fut constitué d’une soixantaine de bateaux dont une majorité amenés par des moyens de fortune, et des bœufs. Ainsi l’artillerie du général Lamartinière de l'artillerie put passer le fleuve Mincio le 26 décembre 1800. Mais les troupes autrichiennes contre-attaquèrent et il fallu reculer à Pozzolo qui fut pris et repris 6 fois, restant aux mains de l'ennemi. Enfin les troupes françaises s’emparèrent de Vérone puis de Vicence, de Mantoue et  Ferrare ; victoires décisives qui mettent fin à la 2 ème campagne d'Italie après la signature de l'armistice de Trévise
Pendant ce temps, la campagne d'Allemagne avaiy suivi son cours..

L'armée du Rhin et Danube repousse les Autrichiens à Ulm (mai 1800- décembre 1801)

L'armée d’Allemagne aux ordres de Lecourbe, stationnée sur les bords du Rhin, engagea le combat le 1er mai 1800. En tête étaient 4 compagnies du 1er bataillon de pontonniers aux ordres du chef de brigade François Louis Dedon. Elles lancèrent 3 ponts sur le Rhin devant Reichligen sur lesquels passa l’armée du général Moreau. Les pontonniers utilisèrent 36 bateaux de leurs bateaux et 30 embarcations réquisitionnées, certaines portées à bras au bord du fleuve depuis Kloten et Roschach par les sapeurs du Génie associés aux pontonniers. Puis ces derniers partirent à Stein réparer le pont de pierres détruit par l’ennemi. Ces opérations préliminaires permirent les victoires du 3 mai 1800 à Engen et Stockach et du 5 mai à Moeskirch  avant la poursuite de la progression vers Vienne.

Les pontonniers prennent la  flottille autrichienne du lac de Constance

Après le passage de Reichlingen, nos chaloupes canonnières navigants sur le lac de Constance étaient manœuvrées par des pontonniers et des mariniers suisses réquisitionnés. Le 11 mai 1800, cette flottille prit la ville de Landau abandonnée par les Autrichiens. Puis elle se rendit à Brégentz et les pontonniers saisirent 17 chaloupes désarmées et abandonnées par l’ennemi. Désormais maîtres du lac, les pontonniers mirent Lindau en défense et seuls gardèrent cette place pendant 3 jours avant d’être relevés par l'infanterie.

Les pontonniers sur le Danube

Sur la rive droite du Danube et afin de préparer la bataille d’Hochstadt, qui se déroula des 18 et 19 juin 1800, les pontonniers durent construire 2 ponts de fortune car leurs barques ou pontons n’étaient pas encore arrivés. A un autre endroit sur le même fleuve et faute de pontonniers qui ne pouvaient être partout, on dut employer une unité de 50 des nageurs qui traversèrent le fleuve et surprirent l'ennemi. Après ces combats, le  passage du Danube par Lecourbe fut réalisé le 19 juin 1800 devant Blintheim. Une fois encore, cette opération fut précédée d’une attaque des nageurs armés qui traversèrent à la nage et s’emparèrent de deux canons. Pendant cette action, les pontonniers et sapeurs du Génie réunis réparaient le pont de pierres sous le feu de l’ennemi. Ainsi la totalité des troupes put passer pour participer à la victoire de Höchstädt qui se déroula le 19 juin 1800 sur la rive nord du Danube et à celles de Nordlingen le 23 juin et de Neuburg le 27 juin 1800. A la suite de ces opérations, les Autrichiens se replièrent dans leur forteresse d'Ulm, située à quelques kilomètres plus à l'ouest.
 

L'armée d'Helvétie reprend les Grisons et bat l'armée austro-bavaroise

Comme en 1799, Masséna parti de la rive gauche du Rhin envahit les Grisons suisses à partir du  5 mars 1800. Ses troupes combattirent les Autrichiens dans les vallées jusqu’au 13 juillet 1800 date où le général Jardon  pris la ville de Lucisteig. Sa progression avait été très difficile car ses unités étaient démunies de pontonniers. Pour pallier à cette absence, elles durent employer des moyens de fortune tels que charrettes jetées à l’eau pour passer les nombreuses rivières.

Un armistice eu lieu à Parsdorf (juillet 1800) suivi d'une tentative de pourparler avec l'Autriche, mais ce fut l'échec et la reprise des hostilités.

Les troupes françaises accentuèrent la pression en gagnant le combat de Hohenlinden du 3 décembre 1800, ouvrant la route menant à Vienne puis les combats victorieux de Lecourbe à Walsee près de Salzburg le 12 décembre et de Kremsmünster le 20 décembre 1800. L’ultime combat eu lieu à Hohenlinden où le général Moreau fut vainqueur le 3 décembre 1800 contre l‘armée austro-bavaroise.
Enfin les Autrichiens cèdent et signent un armistice à Syteyr le 25 décembre 1800 au nord des Alpes entre le général Moreau et l’archiduc Charles, mettant fin aux combats

Ces derniers combats furent un désastre pour l’armée autrichienne, ce qui permit au général Brune de signer l'armistice de Trévise le 16 janvier 1801 aux termes desquels les Autrichiens se retirent au-delà du fleuve Tagliamento

Enfin la paix avec l'Autriche.

Des pourparlers débutent à partir du 9 février 1801 avec l'Autriche et aboutiront au traité de paix signée à Lunéville le 23 février 1801 qui mettait fin à la guerre. A son terme, la France se voyait confirmer la possession de la Belgique et de la rive gauche du Rhin.
Puis un traité signé à Florence le 28 mars 1801 avec le royaume de Naples autorisait la France a entretenir des garnisons à Naples, Otrente et Brindisi. La France annexait également la République de Gênes et le duché de Parme.

Mais la guerre continuait contre l’Angleterre, sans application directe en France car la flotte anglaise se battait en avril 1801 contre les flottes danoises et norvégiennes. Enfin ce sera la paix d’Amiens du 25 mars 1802 qui mettait fin à la seconde coalition. A son terme l'Angleterre restituait la Martinique, la Guadeloupe et les comptoirs de l'Inde, tandis que le Piémont et l’île d’Elbe étaient rattachés à la France.

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La Troisième coalition contre l'Empire ( 1805)

Sous l'impulsion de Bonaparte, le Consulat ne baissait pas le garde sur le plan militaire et rassemblait ses troupes dans des camps militaires situés en majorité dans le Nord à De Venter (Hollande) - Gand (Belgique), Saint-Omer et Compiègne et enfin Douai où stationnait  un demi-bataillon ( 4 compagnies) du 1er bataillon de pontonniers, les autres compagnies de ce bataillon étant à leur dépôt de Strasbourg. Les autres villes de garnison étaient Saint-Malo et Bayonne  

Ce fut une période de paix armée qui dura 3 années, chacun des protagonistes préparant ses forces pour les combats à venir.

Le 18 mai 1804, le 1er Consul Bonaparte était proclamé Empereur des Français et fondait le 1er Empire. 

Ses politiques économiques et expansionniste bloquent les débouchés de l'Empire britannique inquiet des annexions et alliances françaises en Italie (Gênes, Parme) en Allemagne ( Bavière, Bade, Wurtemberg) en Europe du nord ( royaume de Danemark et Norvège) , république batave et enfin de la nomination de Napoléon depuis 1803 de médiateur de la confédération helvétique. Puis le 5 mars 1805, Napoléon est proclamé roi d'Italie et annexe le 6 juin la république ligurienne de Gênes.

L'Angleterre et la Russie puis l'Autriche et la Suède constitue la troisième coalition contre l'Empire.

Cette expansion impériale française en Europe formera la base de la troisième coalition qui verra le jour au traité de Saint-Pétersbourg entre l'Angleterre et la Russie, rejointes le 9 août 1805 par l'Autriche et la Suède

Les pontonniers changent d'uniforme et le 1er bataillon participe aux exercices de débarquement en Angleterre.

C’est dans ce cadre de paix relative que l’armée française se réorganise sous l’impulsion de l’Empereur.

Les deux bataillons de pontonniers vont encore une fois changer d’uniforme et après avoir abandonné leur traditionnel chapeau, vont maintenant adopter le sobre uniforme de l’artillerie.

Les pontonniers pouvaient parfois participer à des missions secrète comme les quinze hommes du 1er bataillon qui participèrent à Ettenheim, dans le duché de Bade.le 15 mars 1804 à l'enlévement du duc d'Enghien. C'est eux qui firent passer en une seule fois les 300 chevaux du 26 ème dragons participant à l'expéditions   Mais dans la majorité des cas, ils travaillaient en unité constituée. Ce fut le cas au mois d’août 1804 où les 600 hommes du 1er bataillon partiront de Strasbourg avec armes et bagages à destination de l’armée des Côtes-de-l’Océan rassemblée dans la région de Boulogne-sur-Mer en vue de débarquer en Angleterre.

Ces pontonniers participerons à de nombreux exercices de franchissement, débarquement et de navigation avec la flottille rassemblée au port de Wimereux devant les 180.000 hommes regroupés dans ce camp. 

Le 2 ème bataillon ne participa pas à ce rassemblement destiné à l'origine à préparer le débarquement en Angleterre car il était en Italie son terrain de prédilection aux ordres du général Masséna.

Mais les coalisés passent à l'offensive 

De son côté, l’Angleterre finance en sous-main la coalition qui rassemble russes, suédois et autrichiens et prévoit leur jonction en Bavière afin d’attaquer la France sur ses arrières. C'est ce que fera l'armée autrichienne qui passe à l'offensive en Bavière puis dans le bade-Wurtemberg tandis que l'armée russe de Koutousov se regroupe à Vienne. L’Empereur réagit et le 7 septembre 1805, dirige l’armée des cotes de l’Océan rebaptisée « Grande Armée » vers Vienne via Strasbourg. Et le premier bataillon au complet avec ses haquets et ses bateaux reprend le chemin de l'Est. Maintenant tout est clair, le projet d'invasion de l'Angleterre est définitivement abandonné, d’autant plus que le 21 octobre 1805, les flottes françaises et espagnoles réunies avaient été détruites par l’amiral Nelson à Trafalgar. L'Angleterre est maintenant maîtresse de mers.

Comme dans la plupart des coalitions, le sort des combats va se jouer en Allemagne et en Italie

Les ponts établis par le 1er bataillon lors des campagnes d'Allemagne et d'Autriche

Les premiers ordres de l’Empereur destinés aux pontonniers étaient précis  « Les pontonniers établiront un pont avec leurs bateaux et des embarcations de commerce pour franchir le Rhin à Spire aux ordres de Soult ( 4 ème corps) et un autre pont de même nature à Phalsbourg aux ordres de Ney (6 ème corps) . Chaque corps d’armée doit avoir ses propres moyens de franchissement et doit rassembler les bateaux et nacelles qui pourraient se trouver dans son secteur et les tenir disposés à être transportés partout où besoin sera. Augereau doit aller à Huningue et passer le Rhin pour aller à Fribourg (Suisse) . Bernadotte jettera un pont sur le Danube entre Neubourg et Ingolstadt. Davoust devra se procurer des bateaux à Oettingen ou sur les rivières Altmühl ou la Wœrnitz.

Soult devra mettre les pontonniers sur les voitures afin de faire marcher l’équipage jour et nuit, et faire en sorte que cinq ou six bateaux soit à Nœrdlingen pour le 15 octobre. Lorsqu’ils seront arrivés ils devrons se rendre au pont de Harburg à deux lieux de Donauwœrth pour rétablir le pont. La route qu'ils prendrons devra être reconnue libre pour les conduire au-delà de l’embouchure du Lech, du côté, de Bertolzheim, à moins que le pont de Donauwœrth soit pris par surprise. »

La manoeuvre prévue fut réalisée à la lettre et Napoléon installa comme prévu son QG à Noerdlingen, venant de Paris via Strasbourg. En s'installant en cette ville, il fait croire aux Autrichiens que ses troupes allaient passer par la Forêt Noire. En fait, le corps du maréchal Soult après avoir passé le Rhin le 4 octobre à Spire avec son armé et grâce à sa compagnie de pontonniers fait un mouvement tournant par Heilbronn puis Donauwœrth où une autre compagnie de pontonniers a réparé le pont. De son côté, le corps du maréchal Ney a passé sur le pont jeté par ses pontonniers face à Durlach et s’est porté à Stuttgart. Ils rejoignent ainsi le maréchal Bernadotte qui avait fait mouvement de Hanovre sur Gœttingen puis Würzburg, où il est arrivé le 23 septembre 1805, bientôt rejoint par le général Marmont, arrivé de Mayence via le pont de Cassel. De son côté, le corps du maréchal Davout est à Manheim, et s’est porté, par Heidelberg et Neckarelz, sur la rivière Neckar tandis que celui du maréchal Lannes venu de Kehl est à Ludwigsburg.

Ainsi s'achèvent les manoeuvres préparatoires qui, grâce aux acteurs méconnus que sont les pontonniers, vont amener les corps d'armées sur les lieux d'une série de combats menés contre les troupes coalisées à Wertingen - Haslach-Jungingen – et enfin d' Elchingen le 14 octobre où les Autrichiens seront sévèrement battus. Puis ce sera les batailles d'Amstetten ( dit Dürenstein ) de Hollabrunn et enfin la prise des ponts sur le Danube par ruse, ce qui donnera accès à Vienne la Capitale de l'Autriche. Devant cette défaite, les troupes autrichiennes se retirent à Ulm le 20 octobre 1805, leur forteresse proche.

La bataille cruciale des trois empereurs.

La bataille décisive aura lieu le 2 décembre 1805 à Austerlitz, (de nos jours Slavkov, en République tchèque) surnommée la « bataille des Trois Empereurs ». Malgré son infériorité numérique, Napoléon Ier dirige la manoeuvre et inflige une défaite humiliante aux armées du Tsar et de l’archiduc d’Autriche. L’armée russe se retire en Pologne tandis que l'Autriche demande la paix. Après ces durs combats, le 1er bataillon de pontonniers ira se reposer au couvent viennois de Klosterneuburg. C'est là que son lieutenant-colonel Dessales prit ses quartiers. Aux ordres des commandants Chapuis, La Rue et Galant, les compagnies de  pontonniers se feront remarquer des moines par leur honnêteté et leur calme. Parmi eux figurait le capitaine Zabern du 2 ème bataillon. Est-ce lui et sa compagnie qui iront construire à la fin du mois de novembre un pont sur le Danube à Nussdorf mais qu'il faudra le retirer le 8 décembre à cause du gel intense ? Nous ne pouvons l'affirmer mais c'est fort plausible.

En tout cas, les pontonniers auront la joie de saluer l’Empereur qui passera au couvent le 20 décembre, en route vers Presbourg où la paix sera signée le 26 décembre. Ces détails nous sont connu par le livre des moines qui notèrent que le bataillon quittera le couvent le 5 janvier 1806 en direction d'Ausbourg et Ulm.

Mais l'Allemagne et l'Autriche n'étaient pas les seuls théâtres d'opération car l'Italie était aussi un point important sur l'échiquier militaire européen.

Le 2 ème bataillon de pontonniers, toujours sur la brêche  en Italie (1805 )

Affecté à l’armée d'Italie depuis sa création, le 2 ème bataillon avait la plupart de ses compagnies stationnées , au nord et dans le sud de l’Italie où se trouvaient des garnisons françaises.

Leur dépôt principal était à Turin où stationnait un équipage de pont composé de 31 bateaux et haquets dont partie provenait de la campagne de 1801. Il était servi par 3 compagnies de pontonniers à effectifs réduits, aux ordres du général Lacombe Saint-Michel commandant l’artillerie, assistées par une compagnie pontonniers en colonneprovisoire italienne. Afin d'aller combattre les Autrichiens, les bateaux furent rassemblés sur le Pô à embouchure du Mincio à Borgo-Forte. Mais la centaine de voitures et l’équipements des harnais étaient en mauvais état faute d'avoir été entretenus. Il fallut cependant quitter la garnison vers le 15 octobre et le 26 octobre l’équipage était à Isola-Alta. Mais une quinzaine de voitures avaient été détruites pendant le voyage réalisé par temps de pluie et du matériel manquait pour lancer les trois ponts demandés par le commandement 

Historique des pontonniers

 

Les premiers pontonniers, des volontaire strasbourgeois (1792-1794)

Au mois de septembre 1792, le général Biron, commandant l'armée du Rhin, demande à la municipalité de Strasbourg de former avec la corporation des bateliers locaux  une compagnie qui sera chargée de l'entretien du pont sur le Rhin et de la garde des écluses de la ville. La création est décidée le 2 octobre 1792.  L'exaltation révolutionnaire, qui agite les bateliers strasbourgeois, les conduit à former d'eux-mêmes et simultanément une deuxième compagnie.

Ces deux compagnies strasbourgeoises accompagnent l'offensive du général Custine jusqu'à Mayence  ( Rhénanie-Palatinat) en octobre 1792, sur l’autre rive du Rhin. Elles y assurent, pendant le siège de la   ville par les Prussiens, la liaison entre les troupes françaises établies sur les deux rives du Rhin. Elles sont aidées par les bateliers allemands de Mayence qui forment  quatre compagnies. L’ensemble commandé par Frédéric Hoffel  quitte les lieux à la fin du siège et prend garnison à Strasbourg au mois de juillet 1793. 
Elles sont rejointes en 1793 par deux compagnies levées sur ordre du général Pichegru parmi les bateliers de l'Ill et du Haut-Rhin.  
Ces  huit compagnies à vocation militaro-corporatiste prennent le nom de Corps des Pontonniers de Strasbourg puis se constitue en bataillon commandé par le sans-culotte Darbellet, élu comme les autres officiers.  Ils se dotent du nouvel l’uniforme de l’infanterie mais avec un chapeau caractéristique qui marque leur différence par rapport aux autres unités militaires de l'époque.

Les volontaires demandent leur intégration dans l’armée active de la République 

L’inconduite des effectifs est notoire et la plupart ne savent pas écrire. Néanmoins, le 1er Mai 1794, tous adressent une pétition à la Commission Militaire siégeant à Paris, avec  la liste des présents et sous le timbre des « pontonniers et matelots du Rhin » . Ils demandent à être incorporés dans l’armée d'active, à percevoir  les arriérés de solde et prestations réglementaires et à être renforcés par des effectifs nouveaux. La liste des présents jointe à la requête montre que  l’effectif total est réduit à 166 hommes, cadres compris, de nombreux volontaires et la plupart des pontonniers de Mayence ayant regagnés leurs foyers. Constituée en quatre compagnies, cette troupe est composée à 58% d’originaires de Strasbourg et des environs, de 34 % d du Bas-Rhin.

Plusieurs courriers de cette époque mentionnent le  bataillon  des  "pontonniers  et   matelots    révolutionnaires" ou bien des "bateliers militaires du Rhin" ou enfin des "bateliers volontaires du Rhin" .  La Commission de la Convention Militaire, édifiée de la mauvaise conduite de cette troupe corporatiste, ne répond pas à la requête.

Les autres pontonniers des armées de Sambre-et-Meuse et de Hollande

Depuis la loi du 17 frimaire an II ( 7/12/1793 ) qui avait défini les modalités de gestion financière des divers armes  et corps militaires ( 1) l’armée d’active comprenait théoriquement 560 pontonniers, indépendamment des pontonniers de Strasbourg qui avaient demandé leur intégration.. En fait, dès la campagne de Hollande en 1794, les généraux  avaient du pallier l’absence de pontonniers militaires pour franchir les rivières et s'assurer des concours extérieurs . Ainsi  l'armée de Sambre-et- Meuse commandée par le général Jourdan fut dans l'obligation d’utiliser des mariniers hollandais qui entendaient être soldés comme cela se pratiquait sous l'ancien régime.

Jean Baptiste Jourdan

Il en fut de même pour le général Chonet de Bollemont, commandant  les armées de Belgique puis du Nord en 1794 qui dut organiser trois compagnies de pontonniers volontaires  de la Meuse et de la Moselle. Ils participèrent avec lui au siège de Charleroi en 1794 puis sur le Rhin en 1795. Il s’agit apparemment des compagnies  commandées par le capitaine Louis Tirlet de l'armée du Rhin-et-Moselle. A la suite de ces faits et aux demandes réitérées de la hiérarchie militaire pour obtenir des pontonniers,  le Directoire  accepta la proposition d’entrée dans l’armée active des pontonniers volontaires de Strasbourg. Ils entrèrent immédiatement en opérations.

Louis TirletLouis   Tirlet

Les effets de la réorganisation de l’artillerie sur les pontonniers (1795- 1800) 

C’est dans ce cadre général que l’artillerie fut réorganisée par le Directoire selon la loi du 7 mai 1795 qui créa seize  régiments d’artillerie assistées de douze compagnies d'ouvriers et d’un bataillon de pontonniers à huit compagnies. La présence des pontonniers s'explique, d'une part par une Décision royale de 1703 attribuant la responsabilité des  ponts à l'arme de l'Artillerie et, d'autre part la présence  en son sein, elle est seule à en avoir, de compagnies  d'ouvriers, qui ont déjà la responsabilité des matériels  d'équipage de pont codifiés par Gribeauval. C'est tout naturellement que les pontonniers s'installent dans le  quartier de la Courtine des Juifs à Strasbourg, puisque c'est là qu'étaient stockés, dès avant 1789, les matériels  Gribeauval, en particulier les bateaux maintenus  immergés afin d'éviter leur détérioration..

C’est ainsi que les pontonniers de Strasbourg seront intégrés dans l’armée mais, dès le 27 Mai 179, 5 le chef de bataillon Dedon l'aîné reçut l'ordre d’organiser le nouveau corps des Pontonniers et d’amalgamer les volontaires et l’armée d’active. Il commença  par renvoyer le sans-culotte Darbellet,  intégra Hoffel  comme capitaine et forma des compagnies épurées des mauvais sujets.

Création de deux bataillons de pontonniers

Dans le même temps, la loi sur l’armée du 18 floréal an III (7 mai 1795) précisa que les pontonniers chargés de la mise en œuvre des équipages de pont seront constitués en deux bataillons. Ainsi le 1er bataillon naquit officiellement sous le commandement de Dedon le 12 Juin 1795. Mais déjà, l’une des compagnies, la deuxième était engagée à Landau où son commandant, le capitaine Daniel Ulrich fut tué  le 15 janvier 1795.

La naissance du second bataillon fut plus difficile car le matériel venant des dépôts royaux était en mauvais états et permettait  seulement d'équiper les 2 compagnies de 60 hommes aux ordres du capitaine Louis Tirlet   C'est elles qui  seront chargé de l’équipage de pont destiné à l’armée d'Allemagne  

   Bonaparte

Le second équipage prévu pour l'armée d'Italie formée par le général Bonaparte le 2 mars 1796 n’était pas prêt et les 2 compagnies prévues pour ce théâtre d’opération n'avaient pas de matériel car les lourds chariots ne pouvaient passer les cols des Alpes. Aussi le général Bonaparte fut confronté au problème posé par les nombreux cours d'eau qui, , tous sauf le Pô,  étaient  perpendiculaires à son axe  de marche. Sans moyens de franchissement et d'équipage de pont, il fit créer par le chef de bataillon Andréossy deux compagnies de   pontonniers avec des bateliers lombards. Il faudra deux ans au commandement pour gommer les disparités d’origine des compagnies et réorganiser militairement les pontonniers en  deux bataillons. 

Jean Baptiste Eblé

En effet, le 29 février 1797,1e Général Eblé, qui commandait en chef l'artillerie de l'Armée du Rhin, écrivait encore au Ministre: "... Je suis cependant parvenu à écarter ceux (les officiers du 1er bataillon) qui ne savent pas écrire, ainsi que ceux qui, par leur ineptie et leur mauvaise conduite, ne méritent pas de commander à d'autre hommes". Son bataillon sera complété officieusement à huit compagnies en février 1797, mais  son existence n’est confirmée que par la loi  du 9 septembre 1799. En son sein cohabitaient les deux compagnies lombardes, renforcées par  une troisième crée en 1800 puis dissoute en 1801 pour être intégrés dans le deuxième bataillon affecté à  l'armée d'Italie avec les renforts venus de France..

L’unification opérationnelle de ces deux bataillons (1800-1804)

 Commandant l'artillerie de l'armée d'Helvétie  en 1799 et ayant commandé les pontonniers du Rhin et ceux d’Italie, le général Eblé était à même de comparer  l'état d'esprit et l'efficacité opérationnelle des compagnies  D'accord avec Dedon, commandant le ler  bataillon, il proposa de réunir les deux bataillons sous  un seul chef et conseil d'administration. Cette mutation sera réalisé  le 17 avril 1800 et prendra  l’appellation définitive de "Artillerie-Pontonniers" qui succédait aux pontonniers de Strasbourg et de l’armée du Rhin.

Cette nouvelle organisation sera l’occasion d'effectuer  des mutations de personnels à l'intérieur du corps afin d'amener toutes les compagnies au meilleur niveau  technique et d’achever leur militarisation. C’est ainsi que le corps des pontonniers sera dorénavant commandé par une structure administrative analogue à celle d'un régiment de plein exercice, les  deux bataillons gardant leur indépendance au plan opérationnel

Organisation et effectifs des pontonniers

Le  corps des pontonniers était composé d'un Etat-major commandant 2 bataillons de 599 hommes soit 1198 pontonniers et sous-officiers. Chaque bataillon comptait 8 compagnies de 72 hommes soit 16 compagnies au total. Dès l’origine de ce corps, les pontonniers sont constitué en deux bataillons dont la caserne et l 'école de pont étaient à Strasbourg. A partir de 1800, le corps des pontonniers était constitué d’un Etat-major commandant les 2 bataillons. Chacune de ces unités comprenait 8 compagnies avec un effectif de 599 pontonniers et sous-officiers soit un total de 1198 soldats et 16 compagnies. Dès l'origine, le 1er bataillon avait vocation à opérer au delà du Rhin, et le 2 ème bataillon au delà des Alpes, d'où leurs appellations de pontonniers du Rhin et de pontonniers d'Italie,, du nom de leurs théâtre d'opération respectif.

Le casernement et l'école de pont de Strasbourg

Dès la création des premières compagnies  de volontaires en 1792-1793, les pontonniers prirent garnison dans la casernes d'infanterie de l'ancien régime dite "de la courtine des juifs",  construite en 1740, non loin de la célèbre cathédrale de Strasbourg, ville frontière avec l'Allemagne depuis  1681 et fortifiée par Vauban. Cette caserne allait servir de casernement, d'école et de dépôt pour les pontonniers pendant près d'un siècle. Elle était située au sud-est de la citadelle, face à la zone marécageuse localisée  entre le Rhin à droite et l'Ill à gauche, en bordure du canal. Son entrée principale était située dans le quartier des Droits de l'Homme, entouré d'eau. Une sortie située à  l'arrière de la  grande cour  donnait sur le  quai d'embarquement pour les bâteaux de l'école des ponts qui naviguaient  sur le canal. A proximité immédiate se trouvait l'une des portes d'entrée de la citadelle dite "la porte des juifs", appellation datant des années 1645 car à cet  emplacement se trouvait " la Jugen Thor" (tour des juifs).
Le corps de bâtiment principal était un long édifice en pierres, de 3 étages sur rez-dz-chaussées, orienté Ouest-Est, façades au Nord et au sud . Tranché par 3 escaliers desservant cinquante chambres  avec cinq  lits, soit 750 personnes, il  était couvert en tuiles sur un  toit à deux pentes, à pans coupés aux deux extrémités. Les deux façades étaient percées de 26 fenêtres auxquelles s’ajoutaient 12 mansardes avec fenêtres  ouvrantes sur le toit. Les officiers logeaient dans l'extrémité droite, le rez-de-chaussée abritant des magasins. A l'ouest de cette caserne se trouvait  différents bâtiments, dont les 2 principaux étaient ceux de la Direction du Génie et le pavillon du  Génie.
La caserne des pontonniers fut réhabilité en 1825 pour loger le corps des pontonniers royaux, utilisée en 1871 par l'armée allemande  puis  détruite vers 1890 sous l'Empereur Guillaume II d'Allemagne. A son emplacement fut  construit un établissement secondaire de jeunes filles, dans le style du XV ème siècle strasbourgeois. Inauguré en  janvier 1903, il devint par  la suite le " Lycée international  des pontonniers " qui existe de nos jours.
Cet établissement  perpétue ainsi le souvenir de ces  pontonniers qui vécurent en ce lieu pendant un siècle,  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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le 1er Mars 1815

Le 1er mars 1815 Napoléon qui s’est évadé de l’île d’Elbe revient en France et débarque à Golfe-Juan.

Cette période va être marquée par sa remontée vers Paris car toutes les troupes envoyées par le roi pour arrêter sa progression vont se rallier à sa personne. Le 20 mars 1815, Napoléon entre à Paris et reprend aussitôt le pouvoir civil et militaire qu’il avait quitté en abdiquant. Il réorganise son armée, faisant appel à ceux qui ont servis sous ses ordres. Il va marquer sa sollicitude à l'égard des pontonniers dont il a tant manqué lors de la campagne de France de 1814. Sa correspondance et ses ordres à ce sujet sont explicites. En voici le résumé:

«  Les trois dépôts de pontonniers de Douai,  Metz et Strasbourg  seront réunis dans cette dernière ville. Le 10 mai, les équipages de pont qui se préparent au 2 émie corps d'armée à Douai manquent de cordages. Le lendemain 11 mai, l'équipage de pont de l'armée du Nord doit pouvoir passer l’Escaut, la Sambre et les canaux de Belgique. Le 13 mai 1815. Nous avons 8 compagnies de pontonniers. Laissez en une à Strasbourg, une à Metz, les 6 autres à Douai, Paris et Laon. Commandées par le meilleur officiers de pontonniers, elles seront affectées à l'équipage de pont de l'armée du Nord. Le 12 mai, le rapport sur les équipages de pontons me paraît un peu vague. Vous ne faites pas connaître le nombre de chevaux d’artillerie qu’il faut pour atteler ces pontons et quant ils seront attelés . Vous me dites que les haquets et pontons sont réunis aux dépôts de Lille, La Fère et Saint-Omer. Que vous faite organiser à Paris un équipage de même force que celui de Douai. Répondez plus catégoriquement. Quelle est la largeur des canaux de Condé, de l’Escaut du côté de Mons, de la Sambre, du canal de Charleroi, de ceux de Bruges et de Bruxelles et enfin de la Meuse du côté de Maastricht ? Combien faut-il de pontons pour faire un pont sur chacune de ces rivières. ? Combien ais-je de pontons sur haquets prêts à partir de Paris ? Quand pourront-ils être réunis dans une position entre Avesnes et Laon ? Combien faudra il de compagnies pour le service de ces pontons ? »

Fonderie de canons de Douay

A la lecture de ces instructions et ces interrogations, on constate que dès la fin du mois d'avril, l'Empereur sait que les armées coalisées porterons leurs efforts sur la Belgique.  Il réagit en conséquence et à partir du 15 mai, il réussit à reconstituer 10 compagnies de pontonniers, ce qui lui permet d'en envoyer une à Lyon pour l'armée des Alpes, de renforcer Strasbourg avec 2 compagnies et de garder les 6 autres entre Paris, Laon et surtout Douai où le dépôt de matériels de cette ville disposait du seul équipage de pont disponible, soit  30 pontons et 10 bateaux. Il ordonne de les faire atteler par des chevaux d’artillerie et non par ceux de réquisition . A cet effet, il fait acheter 300 chevaux pour les pontonniers le 26 mai 1815 et 1700 pour la Garde impériale. Puis il fait déplacer 5 des 6 compagnies de pontonniers dont il dispose à Guise ( Aisne) avec les bateaux disponibles, en précisant bien de pas utiliser les chevaux de la Garde. Ces 5 compagnies étaient à disposition du parc de réserve du général Reille en attendant leurs affectations définitive, précisant «  Garder l’ancienne compagnie de Vincennes en cas de besoins ». 

Puis il fait concentrer un parc d'artillerie important au fort de Vincennes composé de 150 canons et quelques 650 voitures.

L'armée du Nord et ses pontonniers

Par un travail acharné et malgré les pertes subies lors de la campagne de Russie, l'Empereur réussit à rassembler quelques 160.000 hommes qu'il concentre dans le département de l'Aisne entre Guise, La Fère, Laon et ainsi qu'à Douai dans celui du Nord , au plus près de  la  Belgique  où les armées coalisées se rassemblent.